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Le problème n’est ni d’ordre culturel, ni d’ordre linguistique

       

Éliminons un élément de confusion pour la clarté de l’exposé et la mise à l’écart de certaines ambiguïtés : notre défiance à l’égard de Diwan n’est pas une affaire culturelle, linguistique ou pédagogique.

Que certains veuillent apprendre le breton, le faire apprendre à leurs enfants, relève du droit élémentaire de tout citoyen.

Que la connaissance d’une langue régionale soit, comme on dit, un plus dans le potentiel d’un élève, nul ne saurait le nier.

On peut même sans grand risque d’erreur reprendre à son compte ce qu’en écrivait Jean Jaurès :

« Pourquoi ne pas profiter de ce que la plupart des enfants de nos écoles connaissent et parlent encore de ce qu’on appelle d’un nom grossier « le patois » ? » (La Dépêche de Toulouse - Août 1911)

Notons néanmoins que Jaurès écrit ces mots en 1911 : la réalité d’aujourd’hui est bien changée, car, au moins pour ce qui concerne le breton, voire pour le languedocien et le provençal qu’évoque Jaurès, les enfants d’aujourd’hui ne parlent plus ces langues.

Passons, sur cet aspect des choses, nous aurons l’occasion d’en reparler.

 

Revenant aux propos de Jaurès, nous percevons que la raison invoquée par lui de l’utilisation du patois (il s’agit bien de l’utilisation d’une pratique du patois au moins orale déjà acquise par les enfants arrivant à l’école) est d’en faire non pas un apprentissage de la langue régionale en soi, selon l'interprétation erronée qu’en donnent des régionalistes, mais une exploitation pédagogique du « fonds commun de latinité d’où émanèrent le dialecte du Nord et le dialecte du Midi . »

Pour Jaurès en effet l’enseignant doit et peut, à partir de ce que connaissent déjà les élèves, --c’est une des bases de l’art d’enseigner --,  accéder à la maîtrise intelligente de la langue française :

« Ce serait pour le peuple de France et du Midi, le sujet de l’étude linguistique la plus vivante, la plus familière, la plus féconde pour l’esprit ».

Loin donc pour Jaurès l’idée de substituer au français la pratique d’une langue régionale dans le sens défini par la Charte européenne des langues régionales. C’est l’inverse :

« Ce ne serait pas négliger le français, souligne-t-il,  ce serait le mieux apprendre au contraire que le comparer familièrement dans son vocabulaire, dans sa syntaxe, dans ses moyens d’expression, avec le languedocien et le provençal. »

Nous verrons dans quelques instants, que la préoccupation de l’association Diwan et des partisans de son intégration dans le service public d’enseignement est bien éloignée de celle du grand républicain.

 

Répondons d’emblée à une question :

Est-il possible d’apprendre le breton au sein de l’enseignement public ?

La réponse est sans ambiguïté : c’est oui.

Les autorités académiques ouvrent des classes d’apprentissage du breton par bilinguisme, partout où existe une demande. Et les critères numériques exigés sont très faibles. Quelques demandes suffisent pour l’ouverture d’une classe. C’est même manifestement une forme d’encouragement, qu’on ne trouve pas par exemple pour les ouvertures de classes ordinaires ou d’écoles dans les communes où il faudrait en rouvrir.

Affirmons donc que la possibilité de l’accueil des enfants dans les classes français-breton, est une réalité.

Le refus de reconnaître que l’enseignement public dispense langue et culture bretonnes et qu’il est justifié pour Diwan de recourir à des structures particulières, obéit donc à d’autres raisons.

  


Ouest-France, 24-25/03/2001, dernière page :
"Marie enseigne le breton aux petits Nantais

Ainsi lorsqu’une famille place ses enfants dans une école privée confessionnelle, ce n’est pas parce qu’il y a refus de l’école publique de les accueillir, c’est pour la raison que ces familles estiment devoir assurer à leurs enfants une éducation scolaire religieuse ou à tonalité religieuse. Il peut aussi y avoir des raisons autres tenant à préserver tel ou tel environnement social, à éviter de devoir respecter un secteur scolaire, … tout cela existe.

Cela joue aussi sans doute pour Diwan, qui concerne surtout certains milieux sociaux, plus que d’autres. Certains y trouvent sans doute un moyen d’échapper aux contraintes de leur secteur scolaire.

Mais l’argument le plus souvent avancé par Diwan pour justifier une spécificité qu’elle ne trouve pas dans l’enseignement public, c’est qu’elle pratique une pédagogie originale, particulièrement efficace : l’immersion pédagogique.

Il importe donc de regarder de plus près en quoi consiste cette pratique pédagogique.


   

 

  

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