Communautarisme
 

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Les conséquences de l’immersion :
le communautarisme dans les faits

   

Texte de J.P. Le Grand dans l'Armor Libre Penseur n° 5 : la rentrée 2001 dans les Côtes d’Armor.

Ouest-France, Dinan, 28/08/2001 :
Stéphane Jéhanno Président de Dinan bro ar Renk déclare:
« ...On nous a traités de sectaires parce que nous avions certaines conditions pédagogiques. Sur la cour de récréation par exemple.

Il est important pour nous que les enfants puissent aussi s'amuser en parlant breton, que le breton ne soit pas seulement assimilé à du travail en classe. Dans une cour où la majorité des élèves chahuteront en français, ce n'est pas possible  »


Le Télégramme, 11/11/2001
  
" Il apparaît clairement désormais que
la formule-choc selon laquelle
' il est interdit de cracher par terre
et de parler breton
' est, telle quelle,
une invention. "
Fañch Broudic, "Bulletin de la Société
Archéologique du Finistère"
(tome CXXX, daté 2001)

Ouest-France, Côtes d'Armor, 30/08/200 :
« ... St Brieuc Diwan pousse les murs ( ! ) ... par manque de place une trentaine d'élèves ont dû être hébergés dans les locaux d'une école publique... la cour de récréation a dû être séparée en deux...  »

   

L'immersion linguistique comme exigence pédagogique des écoles Diwan conduit ainsi à une ségrégation des enfants.

C’est la logique du communautarisme qui se détermine par opposition à d’autres entités et constitue une négation du principe d’égalité de tous les citoyens et notamment de tous les enfants quelles que soient leurs origines au sein de l’école publique laïque.

Pour parfaire l’immersion, l’idéal est d’ailleurs que celle-ci se poursuive dans le cadre familial. Ce qui se pratique parfois et qui est d’ailleurs recherché.

A terme on débouche sur des citoyens qui au sortir de l’école ne maîtrisent pas le français.

Ce qui ne peut que conduire à la nécessité de la production des actes administratifs, des codes juridiques, du travail, des contrats, des arrêts de justice et de tribunaux au moins bilingues, en breton et en français.

On est très proche de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires qui stipule d’ailleurs de telles dispositions.

  

L’adéquation des exigences de Diwan et de la Charte européenne est d’une telle évidence qu’il est difficile de la contester :

le dénominateur commun à Diwan et à la Charte étant la mise en place de l’Europe des régions au lieu et place des États-Nations souverains.

  

Mais Diwan avance que le bilinguisme – encore une fois, le bilinguisme est bien disproportionné comme on l’a vu – présente des avantages pour le développement intellectuel des enfants.

Peut-être que oui. Peut-être que non.

La plupart des régions frontalières ont des populations et des enfants bilingues.

On peut dire que dans les campagnes de la Bretagne occidentale, le bilinguisme a été pendant longtemps une réalité. Les gens de ma génération en Bretagne bretonnante rurale parlaient breton à la maison, et français à l’école.

Ces enfants bénéficient-ils d’un développement intellectuel plus grand et plus précoce ? Peut-être. On ne sait si cela est prouvé. Si c’était le cas, le bilinguisme serait sans doute à encourager.

Est-ce que ce sont de telles pratiques qui expliquent, par exemple, que la commune de Plozevet dans le Sud-Finistère a possédé le plus grand nombre d’agrégés par habitant ?

Peut-être. Mais surtout on ne peut faire abstraction du fait que ces enfants ont pu bénéficier d’un système scolaire mis en place sous la IIIème République d’une exemplaire efficacité et de maîtres d’école d’une rare compétence.

Quoi qu’il en soit des vertus du bilinguisme, en aucune façon cet argument ne justifie en rien l’immersion pédagogique monolingue de Diwan. Il vient même en contradiction avec cette pratique…

  

Il est souvent argué des résultats scolaires particulièrement brillants, voire spectaculaires des élèves de Diwan. S’ils sont exacts, ne sont-ils pas à mettre au compte du milieu social favorisé dont les enfants sont issus ? ou encore des conditions de travail, notamment des effectifs par classe ?

Quant à leurs prétendues aptitudes à maîtriser le français au terme de la scolarité élémentaire, c’est une affirmation contestable, même si le milieu social des familles Diwan permet sans doute de compenser les insuffisances de l’école.

 

Ainsi dans une réflexion sur le niveau en français des écoles bilingues (français-alsacien) fonctionnant en Alsace, le Comité National d'Action Laïque (CNAL) souligne que :

« … les évaluations conduites sont loin d’aboutir à des démonstrations aussi flagrantes…..Rares sont les élèves arrivés au collège qui poursuivent cette voie. Au plan qualitatif on ne peut pas prétendre qu’en fin de CM2 les élèves soient vraiment bilingues. D’autre part, la plupart de ceux qui réintègrent le cursus classique au moment de l’entrée en 6ème, éprouvent des difficultés s’agissant du niveau de leurs connaissances et de compétences. »

Et le CNAL de prononcer cette appréciation de bon sens :

« Ce constat n’est pas étonnant. Comment peut-on affirmer qu’il est indifférent de supprimer 13 heures d’enseignement en français tout au long de la scolarité en école primaire et obtenir les mêmes résultats ? »

Nous pourrions, quant à nous, nous étonner au sujet des enfants scolarisés à Diwan où cet enseignement du français est réduit à un maximum de 7 heures voire 6 heures hebdomadaires en fin de CM2 comme on l’a vu.

  

Comme on le pressent, l’immersion pédagogique recouvre des raisons autres.

Les motivations de Diwan sont autres que pédagogiques ou scolaires.

Il faut donc les rechercher dans un autre domaine que celui de la culture ou de la langue bretonnes.

 

  

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